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Escroqueries et filouteries

1 Dec 2009

 

L'affaire Madoff a, de manière brutale et frappante, rappelé à tout un chacun que le risque de subir une escroquerie financière ne doit jamais être considéré comme négligeable. Affaire d'autant plus extraordinaire que l'escroc évoluait dans un pays considéré comme l'un des plus surveillés au monde en matière de sécurité financière. Affaire d'autant plus extravagante qu'elle a duré pendant des années en ne soulevant que quelques rares soupçons et l'on peut même penser que si la crise financière, démarrée avec les subprimes et amplifiée par la faillite de Lehman Brothers en 2008, n'avait pas éclaté, le mécanisme utilisé par Madoff durerait encore. Mais voilà, Madoff était avant tout et mettait bien en avant sa qualité de citoyen respectable, au dessus de tout soupçon, pour employer une formule quelque peu éculée. Madoff n'était pas la femme de César mais un ancien président du NASDAQ, ce qui, de nos jours, revient à peu près au même. 

 

Même si Monsieur Madoff mérite, selon toute vraisemblance, la première marche du podium en matière d'effet dévastateur d'une escroquerie financière, il n'est pas l'inventeur de la méthode, loin s'en faut. Ses opérations montrent même infiniment moins de subtilités financières que celles de quelques-uns de ses illustres prédécesseurs.


On estime que le premier aigrefin financier de grand talent fut Monsieur Ponzi, l'inventeur de la fraude pyramidale, qui proposait à ses clients d'investir dans des fonds en profitant de l'arbitrage sur le prix des coupons de réponse internationaux postaux. De manière très simple, le sympathique Ponzi, un immigrant italien arrivé aux Etats-Unis au début du vingtième siècle, expliquait tout uniment à ses victimes qu'elles allaient gagner grâce à la différence entre le prix d'achat d'un coupon postal dans un pays de l'Union Postale Universelle et son prix de revente dans un autre pays. La différence s'expliquant à son tour par le mouvement des monnaies et, plus particulièrement, par la dévaluation des devises européennes après la première guerre mondiale.


Ponzi fut confondu par un train de vie ostentatoire et non pas par un quelconque expert financier. Si un tel spécialiste s'était penché sur le dispositif de Ponzi, il aurait tout de suite vérifié que celui-ci était totalement impossible en raison tout simplement d'un manque de matière postale. Il aurait fallu en effet que le monde échange des quantités invraisemblables de lettres pour justifier les soi-disant profits du chevalier d'industrie.

 

En fait, tout comme Monsieur Madoff quelques dizaines d'années plus tard, Ponzi payait les bénéfices réalisés par ses premiers clients (40 % en trois mois !) avec les investissements des nouveaux pigeons.


Toutes les escroqueries sont fondées sur l'appât du gain. A cet égard, l'escroquerie devenue presque banale de la bague en métal doré trouvée devant le passant par la personne qu'il allait croiser est tout à fait révélatrice. Le sympathique individu qui propose à l'ingénu de partager le gain de la découverte agite devant son nez un bijou et qui plus est dans un métal qui a toujours fait rêver : l'or.


Cette simple constatation explique que les plus intelligents peuvent se laisser prendre à une escroquerie qu'ils démonteraient facilement si leur esprit n'était pas obscurci par l'ambition de réaliser “un bon coup”.


Il est d'autant plus facile à l'honnête homme de se laisser prendre que les escrocs n'ont pas de faciès particulier. Il n'y a pas plus de filou typique que d'assassin modèle.


Ce qui peut paraître réconfortant, c'est que la victime d'une filouterie apprend vite et l'est ainsi rarement deux fois. Comme on le dit, chat échaudé craint l'eau froide.


L'escroquerie financière a malheureusement tendance à se multiplier, parfois sans même dire son nom, ce qui a amené les pouvoirs publics à prendre des mesures dont beaucoup se révèlent efficaces. C'est ainsi qu'en janvier dernier, la ministre de l'Intérieur de l'époque, Madame Alliot-Marie, a lancé un plan national de lutte contre les escroqueries.

 

 

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